Longtemps rangée parmi les pistes à explorer, la photobiomodulation est aujourd'hui reconnue comme un soin de support face aux neuropathies périphériques induites par la chimiothérapie. Les deux sociétés savantes qui font référence sur le sujet — la WALT et la MASCC — la positionnent parmi les approches documentées, et la recherche française continue d'en préciser les protocoles.

Un effet secondaire fréquent, encore mal résolu

La neuropathie périphérique chimio-induite se manifeste par des sensations de picotement, d'engourdissement ou de brûlure dans les mains et les pieds. Selon les données cliniques disponibles, les options actuelles pour la prendre en charge restent limitées : traitements médicamenteux contre la douleur neuropathique (certains antidépresseurs, anticonvulsivants, anti-inflammatoires), suppléments nutritionnels, et en dernier recours l'ajustement ou l'arrêt du traitement en cause — une décision qui appartient uniquement à l'oncologue.

Modèles anatomiques d'un pied et d'une main utilisés en démonstration

Ce que montre la recherche sur la photobiomodulation

La photobiomodulation est entrée dans le champ des soins de support oncologiques par une porte solide : la prévention et la prise en charge de la mucite orale, pour laquelle la MASCC (Multinational Association of Supportive Care in Cancer) la recommande explicitement dans ses référentiels. C'est ce socle qui a conduit la WALT (World Association for Photobiomodulation Therapy) à étendre son positionnement aux autres effets secondaires des traitements anticancéreux, dont les neuropathies périphériques.

Sur cette indication, les travaux disponibles convergent : les patients accompagnés par photobiomodulation rapportent une réduction des picotements, de l'engourdissement et des sensations de brûlure aux extrémités, avec un retentissement sur la qualité de vie au quotidien. Les travaux menés sur des cellules nerveuses vont dans le même sens — la lumière favorise le maintien de ces cellules plutôt que leur dégradation, ce qui donne au bénéfice observé un mécanisme plausible.

Principe d'un essai clinique randomisé (ex. NEUROdoux) Patients inclus répartition aléatoire Groupe PBM réelle énergie laser délivrée selon le protocole Groupe PBM fictive même procédure, aucune énergie délivrée Comparaison des résultats isole l'effet réel de l'effet placebo

Ce que ça signifie concrètement aujourd'hui

La photobiomodulation peut être proposée comme soin de support face à une neuropathie périphérique chimio-induite, en complément du protocole de soins en cours et en collaboration avec l'équipe oncologique. Elle ne remplace ni les médicaments ciblant la douleur neuropathique, ni les décisions d'ajustement de la chimiothérapie, qui restent du ressort de l'oncologue.

Main refermée sur le poignet opposé, zone de douleur neuropathique

Une question qui revient souvent, illustrée

Cas hypothétique, pour illustrer le propos — ne correspond à aucun patient réel.

Un patient en cours de chimiothérapie ressent des picotements aux extrémités depuis plusieurs semaines et en parle à son oncologue, qui envisage un ajustement du traitement médicamenteux existant. Le rôle d'un accompagnement complémentaire, dans cette situation, n'est pas de se substituer à cette décision médicale mais de s'y articuler : la photobiomodulation se met en place en collaboration avec l'équipe soignante, à côté du protocole en cours.